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Monologue d'un réprouvé

MONOLOGUE D'UN RÉPROUVÉ


La scène se déroule sur le bord de l'école, Cyd est accoté sur un mur de béton et il fume une cigarette. C'est un jour d'automne en début d'après-midi et le ciel est dégagé.

La musique d'intro est Funeral March of Queen Mary par Henry Purcell. Pour plus d'immersion, écoutez cette chanson en même temps que votre lecture.

La lumière est absente pendant l'intro et dès que le monologue commence elle s'allume à la moitié de sa capacité. À la monté dramatique elle s'allume au complet. Et pour la fin, elle s'éteint complètement.







Je suis un monstre d'humanité. Je suis un homme, étudiant, pas encore irrécupérable
mais sur le bord du gouffre de l'abdiction. J'ai vu ses larmes couler. J'ai vu sa tristesse se fondre en elle. J'ai ressenti l'excitation me traverser et me donner du pouvoir. La faire souffrir sans la toucher me fais jouir atrocement. Mon DEC n'a pas été sans importance. Mon existence n'a pas été aussi dénuée de sens. À la fin de ses superbes années d'études, j'ai enfin compris que haïr les gens me fait sentir important. Je me sens vivant lorsque j'éradique la confiance en soi des autres. Mon humanité me rempli de haine. Mes spécialistes ont dit que je souffrais de mysanthropie occasionnelle. Pourquoi je me questionne tant sur ce que les gens
pense de moi ? J'essai de répandre la lucidité à ma manière. Mes missiles verbales de haine
rendent les gens plus conscient de la fragilité du bonheur, et leur donne un moyen de s'ouvrir les yeux
sur la futilité grotesque de l'amour. J'ai vu ses larmes couler. Mon missile l'a atteint en plein coeur. Celui-ci est en lambeaux et moi j'en veux encore. Elle ne m'a rien fait. Cette fille est une inconnue. Je ne la connais
que par son point faible. J'observe et je traque les points faibles émotionnelles des gens
pour mieux les détruire. Méfiez-vous des gens silencieux et discret, ils seront peut-être vos bourreaux.
Des bourreaux cagoulés sans sentiments et encore moins de culpabilité, qui ne vit que pour en finir.
Ma tragédie découle d'un événement tout à fait naturel en apparence.
Un jour, j'ai tué un chien par accident. Je regrettais amèrement car s'était le mien. Mais lorsque ma mère a vu le cadavre de la pauvre bête, j'ai vu ses larmes couler. La profondeur de sa tristesse était alléchante.
Ce n'était pas grand chose si on compare ce que je fais pour m'assouvir maintenant mais dans le temps,
cela ma donner mon premier orgasme .Quelque chose s'est produit en moi.
Me nourrir de la tristesse des autres ? Non. Sa détresse me rendait vivant. Toutes les fibres de mon être étaient soudainement secouées de spasmes. J'avais compris que la violence physique ne m'intéressait pas.
L'intêret est bien plus jouissif lorsque c'est des sentiments. Oui, je suis fou. Mais pourtant,
à chaque fois que je monte d'un échelon, mon excitation est moins importante.
J'en veux plus, toujours plus. À force de blesser, je deviens de plus en plus affecté par les ressentiments des autres. L'échelle sans fin de haine et d'immoralité se rallonge pour ne jamais se terminer.
Jusqu'au paroxysme de mon existence. Les murs de la raison sont pulvérisés par mon sadisme verbale.
Je n'ai pas perdu mon temps, je crois que je comprend enfin quelque chose. L'homme existe parce qu'il doit accomplir une mission.
La mienne est d'ouvrir les yeux innocents de l'humanité.
Les rendre inhumains, les rendre encore plus humains. Les faire profiter de leur bonheur,
car il est éphèmère. J'espère au plus profond de mon coeur que j'ai tort, parce que je crois avec difficulté
mes paroles. Bon, ma pause est fini, retournons se faire bourrer le crâne avec le reste du bétail.
Je vais peut-être envisager une autre alternative. Quelque chose de plus humain.
Quelque chose de plus hypocrite. Peu d'amis et tant d'idées.
Développer dans une autre direction pourrait peut-être me faire évoluer. Je suis encore jeune.
J'ai le temps de faire des erreurs,
beaucoup d'erreurs.
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# Posté le lundi 10 novembre 2008 16:25

Modifié le mardi 11 novembre 2008 18:15

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