Si j'étais la pluie, qui relie le ciel et la terre, à qui jamais ne se mêlera,
pourrais-je relier deux coeurs ensemble ? - Orihime Inoue
pourrais-je relier deux coeurs ensemble ? - Orihime Inoue
Épaisse et étouffante, l'atmosphère de la rue où je marchais me semblais être tristement idéale ce soir. La pluie déchirait la nuit avec ses clapotis assourdissants et les arbres semblaient valser aux rythmes effrénés du vent qui tourmentaient les derniers piétons courageux. Les lampadaires étaient encore allumés mais ils ne tardaient jamais à cette heure avancée. Cette nuit de juillet était sombre, comme tous les autres depuis quelques semaines. Les nuages formaient des formes tout aussi étranges qu'inquiétantes. C'était peut-être mon imagination mais il m'a bien semblé que la lune me criait des insultes. Sa voix nasillarde se répercutait dans ma tête. Encore un de mes délires. Tout ça à commencer il y a un moment. J'aurais dû le prendre à deux mains et me manifester bien avant car il sera bientôt trop tard. Une fleur ne garde pas ses pétales éternellement... Je le sens, je le ressens, je l'ai finalement ! Non. Il me file encore entre les doigts ! Je me perds dans mon dédale de réflexions...
Ma veste est déjà toute trempée par cette satanée pluie et mes souliers sont maintenant des éponges gonflées à bloc. C'est embêtant... mais bon, je pense que j'ai enfin réussi à l'apprivoiser. Il s'enfuit mais il ne saura me résister bien longtemps. Même après toutes ses années il ne se laisse pas dompter. Mes lunettes sont pleines de gouttelettes mais, encore plus pire, je n'ai aucune idée où ce petit espiègle a pu aller. Depuis toujours il me fait faux bond et se défile à la dernière minute, me laissant penaud dans les moments critiques...
Quoiqu'il en soit, ma petite escapade nocturne ne sera pas vaine. Je crois enfin l'avoir retrouvé. Arrivé devant le vieil édifice, je fus accueilli par un étrange spectacle. Ce petit froussard me regarda avec un air de dédain si méprisable que j'ai failli l'étriper pour de bon. Tout en me regardant vicieusement, il tenait fermement une robe rouge écarlate et la renifla. Que fait-il en pleine nuit avec cette foutu robe ?! C'est un message qu'il me lance ?
Il prit fuite par le petit sentier de fougères mortes qui longeait l'édifice qui fut à mon avis, une ancienne pharmacie qui n'a pas eu le succès escompté. Les débris de la défunte pharmacie jonchaient encore le sol, s'entremêlant avec la poussière et la saleté. Je couru à en perdre mon souffle mais il ne se laissait pas rattraper. Je perdis de vu le traître qui avança nerveusement en me lançant des regards furtifs. À ce rythme, je ne pourrais pas le suivre très longtemps. Arrivé derrière la bâtisse, les néons des lampadaires de l'autre côté de la rue mirent un peu de lumière dans cette funeste poursuite qui commençait à devenir éreintante, malgré mon jeune âge.
Cela aurait dû se passé il y a longtemps.
Trois ans, six mois, trois semaines, deux jours plus tôt. C'était le crépuscule. Les étoiles commençaient à apparaître. Une douce odeur de fraîche fin de soirée dansait dans l'air. Le soleil donnait son dernier éclat et déposait les armes devant la lune qui brillait de toute sa splendeur. Je l'aperçu, j'étais près à entrain en scène, armé du traître. Elle était là, si belle, assis sur l'herbe, en haut de la petite colline. Je ne peux m'empêcher de vous la décrire car garder tout cela pour moi me rendrais fou. Enfin, plus fou que je ne le suis déjà.
Elle a toujours eu un regard et une certaine profondeur qui je n'ai jamais pu expliquer. Un regard que lorsqu'il vous est destiné, vous vous sentez envahi par une chaleur bienfaisante mais étrange. Cette sensation qui fait de vous un être à part car vous êtes l'heureux destinataire du plus merveilleux des regards qui eu foulé cette planète. Rien ne vous semble plus important que de rendre votre naïade la plus heureuse possible. Non un devoir, ou même une obligation, mais plus un désir constant qui ne se satisfait jamais car vous ne vous sentez pas à la hauteur de la beauté avec qui vous partager l'air et l'espace. Je dis naïade et vous ne connaissez sûrement pas ce mot, c'est compréhensible car je suis un fanatique de la Grèce Ancienne et de sa mythologie. Pour faire court les naïades sont l'équivalent de vierges magnifiques, un peu comme les sirènes si vous voulez. Belle mais inaccessible. Eh oui je choisis bien mes mots !
Bref, elle semblait regarder les nuages, cachant les étoiles pourtant si brillantes. Où peut-être regardait-elle les étoiles ? Je n'aurais su le dire, parce qu'au moment où je l'ai abordé, ce fourbe me laissait encore une fois livré à moi-même. Devant cette personne qui représentait tant à mes yeux. Cette unique et sincère naïade dont je me suis éprise dès la première rencontre, dès le premier regard, ignorait tout.... en faite peut-être avait-elle un soupçon ? Je n'avais certes, pas le temps d'y réfléchir car lors de ma fuite de mon supposé bras droit, je fuis. Fuis très loin, sans un regard en arrière. Je fuis tellement rapidement que le temps semblait me hurler de ne pas allez trop vite.
Seulement une belle illusion...
Finalement, ce fourbe n'eus plus d'issu pour s'enfuir. Je le retrouva assis devant une vieille remise, caché par l'ombre du vieux commerce pharmaceutique. Il renifla la robe, il m'a sembla un instant qu'il connaissait bien cette odeur. Absurde.
- Viens avec moi, criais-je.
- Pourquoi ?! Pourquoi ferais-je ça ? me rétorqua-t-il, avec une fine pointe de sarcasme à peine perceptible. Pourquoi resterais-je avec quelqu'un qui crains de se dévoiler et de montrer ses émotions ? Ses belles déclarations que tu écris sur papier viennent-elles du même c½ur que celui que j'ai vu à l'½uvre?
Il avait raison. Celui-ci fis la moue et se renfrogna. Ses paroles se répercutèrent en écho dans ma tête. Plus elles se répétaient, plus elles s'amplifiaient pour devenir insupportable. J'eus le goût d'hurler, de pleurer. C'est pour cela que je commençai en avoir assez de lui. Peut-être m'ait-il indispensable, mais cette fois, j'en eu marre. J'enterre l'idée de me retrouvé seul devant elle au plus profond de mon c½ur.
Il avait cessé de pleuvoir. Le vent s'était levé et les feuilles virevoltaient autour de moi. Maintenant c'est le froid qui s'acharnait contre moi. Ma veste détrempée ne me facilitait pas la vie, car elle se faisait très lourde. Tout cela n'avait pu d'importance au point où j'en étais. Mon esprit était engourdit depuis longtemps et mes bras se faisaient lourd. J'avais malgré moi, toujours autant besoin de lui. Pour tout mettre cela au clair, parce que, cela durait trop longtemps.
- DÉGAGE !!! Jamais je ne te suivrai ! Me répondit-t-il, toujours aussi féroce. Si un jour tu peux l'admettre, peut-être songerai-je à rester avec toi.
- Admettre... pourquoi tu dois toujours me mettre à l'épreuve ?!
- La vie est parsemée d'épreuve que tu dois apprendre à traverser avec et sans moi, me répondit-t-il. Et seulement lorsque tu auras fais le premier pas, que je pourrai ensuite te porter.
- Si c'était si simple, je ne serai pas là, à te poursuivre comme un forcené. répliquai-je. Et pourquoi tiens-tu cette robe ? Tu essaies de me dire quelque chose ?
Il pouffa de rire. Mais il se calma et changea de ton.
- J'essaie de te faire comprendre que tu as oublié que ces émotions qui brûle en toi n'attendent seulement que toi pour se manifester. Cette robe flamboie non seulement de beauté, mais de souvenirs que tu as délibérément oublié. Avoue que tu la vois toujours dans tes rêves. Ton c½ur te tourmente d'amour, et ce, même si tu ne la pas revue depuis près de deux ans. Le rideau noir que tu as mis sur ce visage si tendre à tes yeux, ne sera bientôt plus que poussière et passé.
Pourquoi sait-il tout cela ?! Pourquoi tout me reviens dessus ?! Pourquoi est-elle encore là ? Dans les fibres de mon être.
Regarde comme les flammes du désir m'ont consumée.
Mes cendres finiront-elles pas se dissipées ? Alors c'est à ce moment que peut-être que tu cesseras de souffler sur la braise qui brûle mon corps décharné. Une chose était sûr, je pensais toujours à elle, ma naïade. À l'extérieur si sauvage et indépendante, à l'intérieur si fragile et douce, et c'est pour cela que je vais continuer à m'accrocher... oui.
Je m'approcha de lui, et je tendis la main, attendant un signe.
- Pourquoi fais tu tout cela, réponds s'il te plaît, dis-je.
- Regarde par toi-même, N'oublie pas que je n'existe que dans ton esprit,
Contre toute attente, il me tendit la robe écarlate. Je la saisis de mes doigts frigorifiés et la ramena vers moi. Elle était douce, si douce. Je l'approcha de mon visage, et senti le doux parfum qui émanait encore, après tant d'années, de la robe rouge écarlate. Ce parfum qui m'avait séduit il y a longtemps...
ce n'étais pas vraiment un parfum, plutôt une odeur si apaisante et envoûtante et surtout, unique, qu'elle devenait presque irrésistible. Cette odeur me rappela pleins de souvenirs...
fais moi un signe...
Je claqua la porte. Si fort que l'horloge à ma droite tressaillit. Ma maison me semblait si grise et triste.. Assis en tailleur, accoté sur la portes, je pleura à chaude larmes. POURQUOI ?! POURQUOI?!?! Mes larmes me faisaient tellement mal, que je pris sur moi de cesser ces sanglots. Il m'avait laissé tomber ! Comment a-t-il osé faire cela ?! Il a toujours été fidèle. Mais elle me fait toujours cette effet. Ma naïade. Aurais-je peur de lui dire ?! Que je pense à elle sans cesse, qu'elle alimente mes rêves et fantaisies, qu'elle est l'oasis au pauvre égaré que je suis. Qu'elle est la lumière dans l'obscurité, le sang dans mes veines, la chaleur dans mon coeur.
Un bruit retentit derrière la porte. Pris au dépourvu, je repris place à tâtons dans l'obscurité de mon entrée. Je séchai mes larmes en souffrance car mes yeux boursoufflés était encore endolori de tristesse. Qui pouvait venir chez moi à cette heure ?! Pourtant j'étais seul à la maison et je n'attendais personne. J'ouvris la porte.
Nous y sommes presque...
Je crois que nous nous comprenons enfin. Longtemps je t'ai pourchassé mais en faite, tu étais en moi depuis le début. Je te refoulais parce que j'avais peur de lui dire. De lui avouer qu'en réalité, sa beauté intarissable me tourmentais et me tourmente toujours chaque minute de ma vie. Cela me fais toujours mal de penser que j'aurais pu l'étreindre dans mes bras et la réchauffer d'affection. Mais maintenant que j'eus repris confiance en moi, que j'eus retrouver le courage, enfin je pourrais peut-être dire à la femme que j'aime, que tel le ciel a besoin des étoiles pour briller, ma naïade me fait briller de milles éclats.
- Arrête de rêvasser et passe à l'action ! ricana-t-il.
Il recommença ses railleries.
- N'est-il pas trop tard pour tout lui dire ? demandai-je.
- Certainement pas ! Tant que sa se consume, tu peux t'ouvrir à elle. Et arrête de te lamenter sur ton sort.. Je sens la tendresse que tu ressens pour elle, alors arrête de faire ta poule mouillée et laisse ton appréhension de côté et allons ensemble la chercher !
- Je comprends maintenant, merci. répondai-je
- Remercie toi toi-même. lâcha-t-il avec une pointe d'ironie.
Je mis la robe écarlate dans le sac à dos que j'avais apporté et je quitta l'arrière cour de la vieille pharmacie. Il était très tard à présent. Le mur de nuages cachait la voûte céleste et cela rendait la nuit sombre et peu chaleureuse. Il avait cessé de pleuvoir quelques minutes auparavant et une douce atmosphère de fraîcheur se répandait délicatement. Je quitta le coin de rue abandonné, là où la rangée de vieux édifices s'aligna. Je me rendit là où mes souvenirs s'étaient éparpillés. Le paroxysme de mon existence allait vraiment se produire. Le petit parc pour enfant commençait à se dessiner devant moi, la légère brume s'estompait peu à peu. Je pénétra dans le parc avec un espoir fragile, mais confiant en ma personne.
Je fis le tour du parc en observant les oiseaux qui s'étaient déjà réveillé avant l'aube. Celle-ci avait déjà commencé le compte à rebours du matin. La douce et fragile brise matinale venait se briser contre mes joues encore frigorifiées par cette nuit éreintante. Les maisons autour de moi commença à se dessiner à mesure que l'obscurité se dissipait. Je mis mon âme à nue une fois pour toute, et je fis le meilleur pour moi-même.
Une fleur qui ne fanera jamais
J'ouvris la porte lentement, laissant entré la fraîcheur d'une soirée envoûtante. Elle était là, devant ma porte, me regardant d'un regard incrédule mêlé de timidité. Ses joues étaient rose vifs et ses yeux brûlaient de quelque chose d'indéfinissable. Elle balbutia :
- ohh... bonjour ? est-ce toi qui s'est enfui tout à l'heure ? Parce que tu as fait tomber cela. Elle me tendit mon sac à dos. Je pu voir ses mains frêles mais gracieuses agir avec légèreté.
- euh oui.. merci... répondis-je.
- eh bien sa fais longtemps que je n'étais pas venu ici, chez toi. Pourquoi nous ne nous voyons plus ?
- euh.. je ne sais pas.. nous avions chacun notre monde et nous étions si différents... malgré tout je regrette de t'avoir perdu, car je t'aimais beaucoup..
À ce moment elle rougit et ajoutait :
- Tu ne m'a pas vraiment perdu.. car je suis ici et même si nous ne nous voyons plus, je n'ai pas arrêter de penser à tout cela.
- Je.. moi non plus. Est-il trop tard pour...
- Attends ! Ça ne dérange pas si j'ai utiliser ton sac à dos ? Parce que je reviens d'une soirée spécial du travail de mon père, très ennuyeuse en passant et je n'aime pas ce genre d'accoutrement, alors je me suis changer et j'ai mis ma robe dedans, pour ne pas l'abîmée.
J'ouvris mon sac à dos et je découvris la robe écarlate. soyeuse et flamboyante. Juste le fait de l'imaginer dans cette robe me rendait tout chose... Elle était si belle ma naïade, qu'à chaque seconde je résistais contre moi-même pour ne pas l'étreindre d'amour.
- Oh ce n'est pas grave, lui dis-je en lui rendant sa robe. Elle est très belle ta robe, mais pourquoi n'aimes tu pas mettre ce genre de vêtement ?
- ohh.. ce n'est pas vraiment mon genre de porter cela, j'aime être simple, et puis je laisse la chance à ceux qui aime ça !
- Veux- tu entrer ? il fait froid dehors, répliquai-je.
- Oui, volontiers ! me dit-elle en souriant. Nous pourrons peut-être reprendre le temps perdu.
C'est à ce moment que le traître m'abandonna pour la première fois.
Je perdis courage.
Cela ne rend jamais les chose plus simple...
Je gisais déjà bien trop longtemps dans l'herbe fraîche du parc. tout devenait si lourd, si flou. J'étais tout de même content d'avoir compris. M'avouer que j'étais amoureux d'une femme si volatile et que cela était réciproque, même si elle ne le savait pas que j'étais au courant. Ma flamme ne s'est jamais éteinte, seulement elle était recouverte d'un voile sombre. Ma respiration se faisait de plus en plus lente. Le sang se refroidissait dans mes veines, mes membres s'engourdissait à un tel point qu'après plusieurs minutes, je sentais à peine mes lèvres.
Heureusement que je ne suis pas un poète, car j'aurais probablement imaginé ma mort plus romantique, avec un ciel azuré ou par une pleine lune étincelante parsemée d'étoiles plus brillantes les unes que les autres. Mais bon, on a pas toujours la fin qu'on désire. Les artifices sont vraiment juste dans les films. On a beau s'imaginer les plus beaux scénarios, on s'enfonce dans des idées surfaites...
- Ne fais pas ta mauviette ! me dit mon courage. N'as tu pas eu tout ce que tu voulais ? Cela est une histoire qui fini bien crois moi ! Et puis tout cela n'est pas fini, tu as encore beaucoup à accomplir.
- n'en rajoute pas s'il te plaît, laisse moi.
- Comme tu veux mais on se retrouve de l'autre côté !
L'aube redevint ténèbres, et malgré tout je voyait clair plus que jamais. Mon corps devenait léger comme un courant d'air.. je n'avait plus vraiment de corps, mon esprit l'imaginait encore. C'était agréable...
- À plus tard mon vieil ami. dis-je finalement.
- Au revoir. me répondit mon courage.
Mon corps et mon âme fusionnèrent et devinrent poussières scintillantes qui embellirent le ciel pendant l'instant d'une vie.


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